Gad Elmaleh. Jeudi, 14 Décembre 2017

Entretien avec Gad Elmaleh à propos d’Olé !


Après un succès tel que “Chouchou (2002)” ça doit être très dur de choisir le film qu’on fait ensuite…

Gad Elmaleh : En fait il n’y a ni règle, ni calcul. On ne se dit pas : “J’ai fait un succès au cinéma.” D’abord parce que j’ai été surpris par le succès. Ensuite, les choix ne se font pas en fonction du succès. Après “Chouchou (2002)”, j’ai eu beaucoup de propositions. Des propositions honnêtes et d’autres, moins honnêtes. Des propositions qu’on faisait à l’acteur que je suis, et d’autres à la personne qui avait fait un succès… Mais je dois dire qu’en lisant plein de scénarios, je n’ai pas trouvé la jubilation. Ca ne m’animait pas, ça ne m’amusait pas. En lisant “Olé !”, en rencontrant Florence Quentin, en m’imaginant jouer avec Gérard Depardieu… J’ai eu envie de faire “Olé!”, un film super bien écrit de Florence Quentin, qui est une comédie intelligente, assez émouvante, et aussi de tourner avec Gérard. Donc les critères ont été purement au feeling et à cause de la qualité du script.

Tourner avec Gérard Depardieu, quelle montagne on s’en fait et quelle montagne c’est ?

Gad Elmaleh : Tourner avec lui, c’est faire des grands tours de manège, ce sont des montagnes russes, mais qui ne font pas peur, car ce sont des montées d’adrénaline. C’est quelqu’un qui a fait tellement de films et qui connaît tellement les choses qu’il n’a pas peur. Moi-même, je la ressens parfois, cette peur. Elle nous fait avoir des comportements pas assez généreux. On a peur du regard de l’autre, peur d’être pas assez bien quand il faut, où il faut… Dès qu’on a moins peur, on est moins sur soi et on donne beaucoup plus. On donne même inconsciemment. Gérard m’a communiqué ça. A chaque séquence, je suis rentré dans une machine à laver, à fond, avec lui. Et ça, c’est un vrai plaisir. Pour certains acteurs, j’imagine que ça peut être déstabilisant. Mais chacun trouve la concentration comme il peut. Moi, je trouve la concentration dans l’énergie, pas dans l’isolement et dans le côté solennel du cinéma. C’est la même chose quand je suis sur scène. Je ne m’isole pas des heures en me disant : “Attention, je vais entrer sur scène.” J’ai besoin de parler, de donner, de recevoir et dans cette même énergie, tac, de rentrer sur scène. Eh bien, dans les prises, c’est la même chose. Ça me fait jubiler que même juste avant le clap, Gérard soit dans quelque chose de totalement différent. Parce que je sais que quand il va me regarder droit dans les yeux, eh bien, je vais être ému de ce regard-là. Donc j’ai déjà envie de faire d’autres films avec lui.

Florence Quentin, elle est très directive, intuitive, maternelle ?

Gad Elmaleh : Florence Quentin, elle est maligne. Elle a compris comment obtenir les choses de chacun de ses acteurs. Par exemple elle sait tout à fait que cette rencontre entre Gérard et moi est vraiment un truc électrique, et elle sait que si elle se heurtait contre, comme beaucoup de metteurs en scène le feraient, en disant : “Oh, arrêtez, c’est pas possible !”, elle irait dans le mur. Non, Florence a dépassé tout ça. Elle a utilisé notre énergie et notre complicité. Je pense qu’elle l’a fait de manière assez habile, avec beaucoup d’intelligence. Elle doit penser : “Je sais comment ils sont, je ne veux pas aller contre.” Donc, elle prend la vague avec nous, sauf qu’elle sait exactement où elle l’amène. Même avec Gérard. Donc j’ai eu une grande confiance dès le début avec Florence, parce que c’est un plaisir quand on te laisse faire, quand on te laisse imaginer, quand on te laisse créer. Et c’est aussi rassurant quand on te “drive” un peu, qu’on ne te laisse pas sur des rails. Dans la comédie, il n’y a rien de plus drôle que le “free style” entre deux obstacles. Florence, elle pose les trucs pour que je puisse slalomer entre. Moi j’ai besoin qu’elle me dise : “Je te mets ça, là, et ça, là, toi, tu vas slalomer ici, et après, tu t’arrêtes.” C’est assez malin comme direction d’acteurs. Et comme elle a une tendresse naturelle pour ses acteurs, il y a un vrai truc affectif. On ne se sent pas que regardé. On sent bien plus que ça. C’est une chose que je n’ai pas devinée dès le début, quand je l’ai rencontrée, mais sur le plateau, une fois que j’ai vu ce qu’elle voulait et comment elle le voulait, je me suis dit : “C’est une grande âme, et une grande dame.”

C’était compliqué de tourner “Olé ! (2005)” et, durant quelques semaines, de jouer le soir en même temps ?

Gad Elmaleh : Je jouais le soir à l’Olympia un spectacle qui est très physique, et je devais me lever à six heures du matin pour aller tourner. Mais comme il y avait cette équipe et ces bonnes ondes, à ce stade de complicité et de jubilation, d’être avec tous ces gens sur ce film-là, ça n’a été que de la fatigue.

Comment est Carmen, votre épouse ?

Gad Elmaleh : Elle est belle, vraiment belle. Tous mes potes sont très jaloux que je tourne avec Valeria Golino. Elle est extrêmement professionnelle, mais avec un professionnalisme qui n’est pas plombé. Elle peut même s’ouvrir à cette jubilation de Gérard et moi, cet humour, cette dérision-là, mais elle est bien plus pro que moi. Je m’en suis rendu compte quand on tournait en studio. Je sortais des vannes et parfois, je me piégeais moi-même, je ne savais plus où j’étais. Elle est tellement carrée que c’est vraiment une autoroute. Mais elle a en même temps de l’autodérision et du recul sur ce métier. Et ça me fait beaucoup de bien d’avoir des partenaires qui ont de la distance par rapport à ce que c’est de faire un film. C’est pas très grave, en fait…
Valeria a fait un vrai travail sur l’accent. Quand même, c’était du boulot. Elle est italienne dans la vie et elle doit jouer une espagnole qui a un accent français. Franchement, il faut être ambidextre du cerveau pour faire ça ! Moi, j’ai réglé le problème, on m’a dit : “Dans le film, tu n’as pas d’accent.” Alors j’ai fait un vrai travail sur le fait de ne pas avoir d’accent… En fait, il y a beaucoup d’espagnols en France qui ne parlent pas la langue, parce que c’est une autre génération, alors ils l’ont parlée un petit peu ou essaient de la parler. Il y a beaucoup d’algériens ou de marocains qui ne parlent pas l’arabe, j’en connais plein. Donc on ne s’est pas encombré avec ça.

Où est-ce qu’il est le plus heureux, Ramon ? En Espagne ou en France ?

Gad Elmaleh : Là où il atteint son pic d’adrénaline, je crois que c’est toute la période en France où il va devenir un réel businessman. Mais je crois qu’il est le plus heureux quand il est avec son patron, enfin, son ex-patron, son futur ex-patron… Et moi, sincèrement, c’est quand je suis avec Gérard Depardieu que je me sens vraiment heureux et en sécurité. Il est tellement unique, tellement haut en couleur, tellement dense… Ce qu’il amène, c’est lui tout entier. Et ce n’est pas rien…

Il y avait vraiment une ambiance exceptionnelle sur le tournage ?

Gad Elmaleh : Dans toutes les interviews d’acteurs, c’est quelque chose qui revient : l’ambiance était fabuleuse et tout s’est bien passé. Le problème, c’est que quand vraiment ça se passe super bien, tu n’arrives pas à le dire. Mais moi, c’est le film où j’ai pris le plus de plaisir à collaborer avec les gens, où j’ai senti une vraie fusion avec tout le monde. Je n’ai jamais vu un film pareil, où ça devenait surréaliste, où tout le monde était dedans, ensemble. On était tous dans le même esprit, dans les mêmes vannes, ce film s’est déroulé dans une harmonie que je n’avais jamais connue au cinéma. Si ça transpire à l’écran, je pense qu’on peut être content…

Entretien avec Gad Elmaleh
(extrait du dossier de presse du film)
Crédit : cinemotions.com



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Commentaires des Lecteurs

toute façon twa ds tout t film t magnifique t extraordinaire

j’ad0re cette acteur le bl0nd tu veu de la dr0gue mdr tr0 classs m0i et t0ute ma famille 0n kifff grave

g vu plus de 10 foi coco

chOuchOu je les vue plus de 15 foi mdr



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